Pierres
de Lumière
janvier 2013
       

Bonne année 2013.

Ce numéro 127 de notre Journal ‘Pierres de Lumière’ est celui de la Nouvelle année. Que voulons-nous dire à quelqu’un lorsque nous lui offrons nos vœux ? D’entrée de jeu, avouons qu’il est bien des cas où cette démarche est une banale formalité, voire un léger ou un lourd mensonge lorsque nous adressons nos vœux à quelqu’un dont nous pensons qu’il nous a fait du mal.
Pourtant dans les meilleurs des cas former des vœux à l‘égard de quelqu’un, c’est souhaiter qu’il lui arrive de bonnes choses et lui dire le bien que nous désirons pour lui. On voit bien là que nos vœux sont tout proches d’une autre pratique qui n‘est pas réservée aux chrétiens, bien qu’elle ait une forte connotation religieuse: je veux parler de la ‘bénédiction’. Même si nous avons laissé les bénédictions se dégrader au niveau de la pratique magique du porte-bonheur, fondamentalement, bénir quelqu’un, c’est lui dire le bien que nous pensons de lui, le bien que nous souhaitons pour lui, c’est lui dire le bien que Dieu pense de lui, le bien que Dieu veut pour lui. .
Et oui, il existe un livre peu connu des chrétiens: le rituel propre aux bénédictions. Certains d’entre-nous gardent en mémoire les bénédictions opérées à la sacristie où le prêtre bénissait chapelets et médailles. Eventuellement il sortait pour bénir les animaux à la saint Antoine ou à la saint Hubert. Ces bénédictions semblaient tenir une place mineure dans le dispositif liturgique.
Or, voici qu’en 1988 sort un livre liturgique officiel, le Livre des Bénédictions qui fait partie du rituel romain. C’est un livre de plus de 400 pages qui offre un vaste choix de bénédictions, mais également une réflexion sur le sens de la bénédiction dans la relation entre Dieu et les hommes.
Outre le Catéchisme de l’Eglise Catholique qui ouvre son chapitre consacré à la liturgie et aux sacrements par une page entière sur la bénédiction divine, de nombreuses publications ont été écrites sur ce thème. Celles-ci attestent du retour de la bénédiction dans la pratique liturgique, et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Ne l’oublions pas, l’initiative de toute bénédiction revient à Dieu. Dans la Bible on est frappé de voir la bénédiction de Dieu courir tout au long des pages depuis la création ‘Homme et femme, il les créa’ il les bénit et leur dit: ‘Soyez féconds’ (Gn 1,28) jusqu’au terme de l’histoire ‘ Venez les bénis de mon Père’ (Mt 25,34)
Oui, la bénédiction de Dieu est première, elle s’exprime essentiellement sous la forme d’une bénédiction d’alliance avec les hommes, qu’il s’agisse d’Abraham (Gn 12,1) de Moïse (Dt 28,3) du peuple élu (Dt 30) etc.
Bénédiction suprême du Père, le Fils bénit à son tour ses frères, particulièrement les plus petits (Lc 24,50; Mc 10,16) Avant de multiplier les pains, avant de rompre le pain à Emmaüs, Jésus prononce une bénédiction. Plus encore, par son Incarnation il sanctifie toutes les réalités du monde.
A l ’Heure ultime, il prend le pain et la coupe de bénédiction, il les bénit et fait de sa vie une offrande amoureuse’ Pour la gloire de Dieu et le Salut du monde’
La bénédiction d’alliance trouve dans cet acte son total accomplissement sans cesse actualisé en chacune de nos eucharisties.
Dans ses préliminaires, le Livre des bénédictions donne l’esprit dans lequel les bénédictions se font: en toutes circonstances, toujours et partout les chrétiens ‘ont l’occasion de louer Dieu par le Christ dans l’Esprit Saint, de l’invoquer et de lui rendre grâce, pourvu qu’il s’agisse d’objets, de lieux ou de circonstances qui ne sont pas contraires à l’Evangile’ (Rituel N° 13) D’où l’intérêt d’un jugement pastoral, ‘surtout si l’on peut prévoir un risque d’étonnement chez les fidèles ou d’autres personnes’ (R13)
Dans le paragraphe suivant, le rituel rappelle la raison d’une telle démarche: ‘il n’est à peu près aucun usage honorable des choses matérielles qui ne puisse être dirigé vers cette fin: la sanctification de l’homme et la louange de Dieu’ oui, le but visé c’est bien que l’homme s’approche toujours plus de son Seigneur et en cela les bénédictions sont certainement un chemin d’évangélisation et même un chemin de Nouvelle Evangélisation.
Je suis toujours très heureux quand des personnes me demandent de bénir, au nom de Dieu, familles, fiancés, enfants, mamans attendant un enfant, pèlerins mais aussi maisons, tombes, voitures, motos, bateaux, statues, et encore repas, fêtes, eau, huile, objets religieux. Est-ce de la superstition ou du folklore ? Sous une telle demande s’exprime souvent la reconnaissance de Dieu comme source de bonté et de vie et la confiance faite à l’Eglise. Il est bon de s’assurer d’un minimum de foi. Quand je ne connais pas assez les personnes, je pose une question du genre: « Vous arrive-t-il de prier ? » Elle me permet d’être sur la même longueur d’onde. Alors un dialogue s’engage dans de nombreux cas, il devient un nouveau chemin d’Emmaüs, un chemin d’évangélisation.
Dieu vous veut du bien, Dieu est source de tout bien. Bonne année 2013 à chacune et à chacun d’entre vous artistes ainsi qu’à vos familles et vos amis et que Dieu soit béni et qu’il nous bénisse.

Père Renaud WITTOUCK