Pierres
de Lumière
novembre 2012
       

" Le Rendez-vous? "

Ce numéro 126 de notre Journal ‘Pierres de Lumière’ est celui qui va de la fête de la Toussaint à celle de la Nouvelle Année. Pour nous chrétiens la nouvelle année commence avec le 1 Dimanche de l’Avent. Ce temps de l’Avent est pour moi original et son originalité est séduisante. C‘est une grande joie que d’y entrer et de le vivre intensément ! L’idée que l‘on serait ici comme en un carême qui, par la pénitence, conduirait à Noël n’est guère adéquate, car la liturgie de l’Avent est remplie de joyeux ALLELUIA presque à concurrence du temps de Pâques. Par ailleurs, ce temps qui inaugure l’année liturgique n’introduit à Noël que secondairement et seulement vers sa fin. Ne s’agit-il pas plutôt d’un grand portique qui introduit dans l’ensemble du temps de la foi ? Mais il le fait à sa manière originale.
Les prophètes y occupent une place de choix et, parmi eux, il convient d’intégrer Jean le Baptiste et même, à sa manière, Marie de Nazareth. Ce sont leur espérance et leur vigilance dans la foi qui nourrissent en ce temps de l’Avent la prière de l‘Eglise, jusqu’à ce que cette espérance s’accomplisse dans la chair de Marie. Tout est polarisé vers cette soumission de la Vierge qui dit tout simplement « Voici la servante du Seigneur: que tout se passe pour moi selon ta parole ! » Cette parole germait déjà dans le regard tourné vers l’avenir chez les prophètes.
Il serait faux de célébrer l’Avent comme si l’on s’y plongeait dans une rétrospective de type historique. Le grand dessein de Dieu (que la liturgie met en œuvre) est un, du début à la fin. La parole prophétique y est lourde du Christ, encore caché dans le secret de son enfantement. Et cette parole nous atteint aujourd’hui nous qui redisons encore: « Viens Seigneur Jésus » L’Avent est bien le temps de ‘Avènement de l’Adventus. Comment le célébrer en ignorant que cet avènement de Dieu parmi les hommes, s’est réalisé dans le mystère de Pâques ? Il s’y est réalisé, mais il est toujours ‘à venir’.

C’est donc une grande joie de chanter durant ce temps où l’espérance refleurit:
« Le monde ancien s’en est allé,
Un nouveau monde est déjà né.
Le Fils de l’homme est revenu
Ressuscité, il ne meurt plus.
Ne vois-tu pas le jour venir
Et tous les arbres reverdir ? « E 135)

Cette année, les textes de ce temps de l’Avent nous orientent vers une attitude globale que l‘on pourrait appeler « le rendez-vous ! » Et qui serait le lieu essentiel de la foi en ce temps d’espérance. Ce rendez-vous implique du croyant une double prière « Seigneur reviens ! » et « Fais-nous revenir !»
Certes, le « fais nous revenir »implique de notre part une vigilance, une mise en garde contre l’endormissement, mais la réalisation de cette attitude, le croyant en demande la grâce au Seigneur lui-même ,car « Nous sommes l’ouvrage de ses mains » . La parole en Isaïe est claire: « Pourquoi nous laisses-tu errer hors de ton chemin ? » Pour que le rendez-vous ait lieu, il faut avant tout que « Dieu revienne » qu’il déchire les cieux et qu’il descende, qu’il nous donne de « tenir solidement jusqu’au bout ». Dieu est fidèle, il est notre potier et notre Père. Dès lors, quelque soit notre délabrement, la seule attitude utile est de prier et d’espérer. Redire à Dieu sans nous lasser: « Reviens! » et veiller sans trêve pour son Jour.



Père Renaud WITTOUCK