Pierres
de Lumière
juillet 2011
       

Du bon temps?

Ce numéro 118 de notre Journal ‘Pierres de Lumière’ tombe cette année pendant l’ ETE. Il y a quelques années, quand j’étais encore en vacances à Talmont, un guérisseur qui avait la réputation de soigner beaucoup de maladies, même à distance, a participé à une émission de télévision. Evidemment l’animateur a donné ses coordonnées. Résultat: le lendemain, son téléphone saturé, ne fonctionnait plus, et dans les jours suivant le village ne fut plus maître de l’afflux des touristes qui y venaient.
Les foules sont toujours à l’affût de l’extraordinaire, du merveilleux. Avec jésus, c’est exactement le même phénomène qui s’est produit, téléphone et télévision en moins, évidemment ! Jésus guérissait les malades, même à distance! Il n’est pas étonnant de voir une grande foule le suivre, au point que Jésus et ses disciples n’avaient « même pas le temps de manger » Les Apôtres eux-mêmes venaient de rentrer de leur première mission au cours de laquelle ils avaient eux-mêmes « chassé beaucoup de démons et guéri de nombreux malades » Vraiment Jésus et ses disciples avaient un succès énorme.
Mais lui, jésus, ne perd pas la tête. Il remarque bien que ses amis sont débordés et accablés de fatigue. Alors, il veut leur procurer un peu de repos, « à l’écart dans un endroit déserté » On a pu parler, à propos de ce passage de saint Marc, de « l’institution évangélique des vacances ! » Tirons déjà une conclusion pratique pour nous, en particulier pour tous ceux qui se donnent entièrement à l’annonce de la Parole de Dieu, sans jamais compter leur temps, ni leur peine. Nous ne devons pas mépriser notre condition humaine, mais, au contraire, respecter les exigences de notre corps, les limites de notre système nerveux. Dans le contexte trépidant de notre monde, ce n’est pas un luxe que de se réserver du temps pour soi, pour se reposer, c’est une impérieuse nécessité. La qualité de notre vie spirituelle et, plus encore, de notre attention et de notre disponibilité aux autres, s’en trouvera renouvelée.
C’est précisément ce que nous dit saint Marc « En débarquant Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié (littéralement: ‘saisi aux entrailles’) envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors il se mit à les instruire longuement » C’est parce que Jésus savait prendre du temps (et même des nuits entières) pour se refaire, se reposer auprès de son Père, qu’il trouvait la force de se donner encore et toujours à sa mission. A nous de l’imiter! Bon repos à chacune et à chacun dans le Nord ou ailleurs.



Père Renaud WITTOUCK