Pierres
de Lumière
mars 2011
       

En route vers Pâques.

Ce numéro 116 de notre Journal ‘ Pierres de Lumière’ tombe pendant les 40 jours du Carême. Artistes, passionnés d’art nous nous sommes retrouvés comme tous les ans le mercredi des Cendres, 9 mars pour la messe dite du Vœu de Willette dans la chapelle, messe présidée cette année par notre Archevêque Monseigneur Laurent ULRICH. Mais ces 40 jours vont nous mener à Pâques. Fête que nous célébrerons chacun et chacune dans notre paroisse respective ou ailleurs.
Le Carême 40 jours qui nous mènent à Pâques ! Le Seigneur a créé le monde avec ses ténèbres et ses lumières. Il a créé l’homme et la femme (à sa ressemblance le 7 jour !) et toute la nature. Il a aussi créé le temps qui pour certains passe si vite, alors que pour d’autres si lentement. Et pour marquer ce temps il a inventé deux belles saisons de l’amour; le printemps fougueux et les douceurs de l’automne. Les plus belles saisons qui sont malheureusement celles qui ont le plus fort taux de mortalité et de suicides! Mais le printemps n’est vraiment pur diamant que lorsqu’il est plénitude et promesse. Les deux à la fois ! La Bible évoque parfois les fleurs merveilleuses du matin, mais déjà fanées le soir.

Vue comme cela, la vie ne serait qu’une mélancolie et un affairement: «Cueillez vite vos roses… Freinez votre vie »
Médiocre théologien, LAMARTINE n’a pu ébaucher devant nos bonheurs qu’une prière craintive : « O temps, suspends ton vol »
Mais non ! Pâques a ouvert les portes d’une joie éternelle que rien ne viendra plus menacer, ‘Eternelle’ est pour moi le mot le plus comblant de notre condition humaine. Tous les printemps mènent à la mort, sauf Pâques, triomphe total de la vie. Quand nous chanterons « Christ est ressuscité, Alléluia ! » cela voudra dire que pour lui et pour nous ensuite, il a franchi la si mystérieuse frontière entre la mort et la vie.
Pâques est l’explosion de toute mort en vie. En vie sans limites. Le jésus de Pâques n’est pas seulement un homme ressuscité, Il est la Vie qui vient nous offrir la vie.
Cette offre inouïe, c’est la messe. Quand les cloches du dimanche carillonnent, la messe au dehors, elles nous chantent intérieurement: ‘Viens vivre ! Viens chercher les roses qui ne se fanent pas. Viens t’apprivoiser à la vie éternelle »

Malheureusement, dans cette pensée de l’illimité se glisse trop souvent, avouée ou non, la peur de s’ennuyer. Nous ne sommes pas faits pour un cinéma permanent, même sublime. Le répétitif sombre toujours dans la lassitude.
Mais pas quand il s’agit de Dieu ! C’est lui qu’il faut regarder à Pâques. S’ennuie-t-il ? Y a-t-il au ciel des roses qui se fanent ?
Tout ce mystère nous ne pouvons l’exprimer avec nos mots humains. Les mots n’étant jamais à la hauteur pour décrire ce paradoxe d’une plénitude qui restera désir. Jésus lui, utilise des symboles: le banquet et les noces. Les prédicateurs ont essayé de faire des guides plus complets. Le Curé d’Ars se contentait de trois mots : « Nous serons avec Dieu » Quand il répétait ces mots en pleurant de joie, on ne savait rien de plus sur le ciel mais on savait tout. « Nous serons avec Dieu » Eternellement ! Près de Lui, rien ne se fane. Oui, tous les printemps mènent à la mort, sauf Pâques. Bonne route.


Père Renaud WITTOUCK