Pierres
de Lumière
mai 2009
       

De célébration en célébrations.


Artistes, passionnés d’art et fidèles des célébrations animées par les artistes de l’aumônerie et la chorale nous nous sommes retrouvés dans notre chapelle sainte Thérèse le 25 février dernier pour entrer ensemble dans ce temps fort de l’Eglise qu’est le Carême lors de la messe dite du ‘Vœu de Willette’ présidée cette année encore par Monseigneur Pascal Delannoy qui part à st Denis. 40 jours après, nous nous sommes retrouvés le samedi 11 avril à 20h pour la veillée Pascale et nous allons nous retrouver 50 jours après Pâques le samedi 30 mai pour la Pentecôte et le samedi 20 juin veille de l’été et de la fête de la musique pour rendre grâce à Dieu pour cette année scolaire lors d’une eucharistie.
La Pentecôte est pour nous chrétiens la fête de l’effusion de l’Esprit Saint sur les disciples et Marie, la mère de Jésus, réunis. La scène est racontée au chapitre deuxième des Actes des Apôtres. On y raconte que l‘Esprit descendit sur chacun d’eux sous la forme de langues de feu. Dès qu’ils eurent ainsi reçu l’Esprit divin, les disciples se mirent à parler en plusieurs langues et chacun pouvait les comprendre comme s’ils parlaient sa propre langue. Ce phénomène est appelé glossolalie. Il se répétera souvent au long des Actes et des Epîtres de saint Paul. Certaines Eglises dites ‘Pentecôtistes’ et les mouvements charismatiques disent revivre cet événement lors de prières collectives. Saint Paul commande de ne le faire que si quelqu’un est capable d’interpréter les paroles prononcées alors. Ce phénomène frappa tellement l’esprit de ceux qui y assistèrent qu’ils crurent que les disciples de Jésus étaient ivres. Dès ce jour les disciples commencèrent à annoncer que Jésus était vivant, ressuscité d’entre les morts, et c’est Pierre le premier qui prononça ce jour-là son premier discours commençant par ces mots: « Hommes juifs et vous tous qui séjournez à Jérusalem… (Actes 2,15) marquant ainsi le début de la mission de l’Eglise
La fête de la Pentecôte est le point final du cycle des fêtes de Pâques. On a parfois l’habitude de célébrer ce jour-là des confirmations (sacrement où l’on demande à Dieu d’envoyer son Esprit sur les fidèles que l’on oint avec du saint chrême en traçant une petite croix sur leur front) Dans l’Eglise catholique quelques fêtes se succèdent dans le sillage du temps de Pâques avec la fête de la Trinité, le dimanche après la Pentecôte, la fête du Corps et du Sang du Christ (aussi appelée Fête Dieu) qui donne lieu encore à des processions avec le saint Sacrement: une hostie consacrée que l‘on montre dans un ostensoir et la fête du Sacré-Cœur.
Il n’existe pas vraiment de traditions populaires liées à la Pentecôte. Comme cette fête est toujours célébrée entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin, elle donne lieu souvent le dimanche ou le lundi à de grands rassemblements dans les diocèses et à des pèlerinages.

En parlant de fêtes dites ‘populaires’, je pense évidemment à la fête de la musique. La musique fait partie intégrante de la Culture et de la vie des jeunes et des seniors. Pour moi elle peut être un moyen de transmettre le message de l’Evangile. ( cf. le festival de Pâques à Chartres tous les ans… ) Beaucoup d’entre-nous (avec de bonnes raisons) tenons la ‘pop culture’ moderne à distance. Nous observons combien dans notre société les médias peuvent nous submerger par un trop plein de sons, et finalement nous rendre de plus en plus sourds à une véritable perception.
Dans les films, les effets spéciaux doivent être de plus en plus spectaculaires, les vidéo-clips, pour captiver notre attention, enchaînent à un rythme infernal des séquences d’images toujours plus étonnantes et la musique déferle sur nous, qu’on le veuille ou non.
La musique à outrance et trop forte, peut fragiliser notre équilibre intérieur et finalement altérer notre qualité de vie.
Comme l’art, la musique est un langage universel. Car elle ne s’adresse pas seulement à une partie de l’homme, elle n’est pas seulement rationnelle maie atteint aussi le domaine affectif. (N’en déplaise à Julien !) mais pour moi quand elle vient des profondeurs de l’âme humaine, la musique nous fait percevoir ce qu’il y a de ‘beau’ en l’homme. Et ce n’est pas sans raison que beaucoup de chants parlent si profondément de l’amour, de la déception, de l’espérance. La musique permet en même temps de partager l’expérience profonde, la conviction, et appuyer la force de suggestion.
La musique peut nous ouvrir à des valeurs plus hautes et c’est justement là qu’est la chance pour l‘évangélisation. Je crois que nous avons besoin aujourd’hui de beaucoup plus de courage pour annoncer l’Evangile dans une langue adaptée à notre temps.
Evidement tous les styles de musique ne seront pas forcément des supports potentiels pour la Bonne Nouvelle, mais il est très important aujourd’hui que les chrétiens pour coopérer à la réalisation de la civilisation de l’amour, ne restent pas cantonnés à l’intérieur des églises mais apportent courageusement leur pierre à la culture actuelle, en particulier par la musique. Dommage qu’il n’y ait pas de musicien (s) dans notre aumônerie des artistes! Plus spécifiquement, la musique jouée à l’intérieur des églises et des communautés en reflète souvent l’intériorité et exprime leur relation à Dieu « Laissez-vous remplir par l‘Esprit Saint. Dites entre vous des psaumes et des hymnes et de libres louanges, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout cotre cœur » (Ephésiens 5,19)
Le chant fait partir du culte rendu à Dieu dans l’Esprit Saint. Les paroles de louange ne sont pas seulement dites, elles sont chantées. « A l’homme nouveau convient un chant nouveau » nous dit saint Augustin. L’expérience de l’amour de Dieu, de la nouveauté de l’être dans le Christ, est l’origine de chaque « Chant nouveau » dont parle l’Apocalypse. Le chant, paroles et musique comprises, fait partie intégrante du culte chrétien car il « porte » la relation à Dieu. La ‘beauté’ des chants de louange et des chants liturgiques doivent être un miroir de la gloire de Dieu. Ni l’artiste, ni son œuvre, n’en sont le centre, mais Dieu lui-même. C’est l’acte d’adoration porté par son peuple tout entier.
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont d’authentiques expériences de la ‘beauté’ Beauté qui jaillit de l‘intérieur, chemin et expression de la prière, beauté qui proclame l’expérience libérante de la Vérité de Dieu. Si la musique est vécue de cette manière, ainsi pourra-t-elle peut-être nous libérer des tristesses de notre temps, comme Saül le fut au son de la musique de David ? ( cf. 1 Samuel 16,23)


Abbé Renaud WITTOUCK
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