Pierres
de Lumière
mai 2008
       

" La Joie de Croire"

Le 3 février dernier, pour le dernier dimanche du temps dit Ordinaire, juste avant l’entrée en Carême avec le mercredi des Cendres, juste avant les adieux au Père Defois le 9 février et l’accueil du Père Laurent ULRICH notre nouvel Evêque le 30 mars l’Ecriture nous faisait entendre le premier grand « discours » de Jésus rapporté par saint Matthieu. « Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne » Comment ne pas penser à cette autre montagne gravie par Moïse? Dieu parle sur les hauteurs, comme pour se faire mieux entendre. Mais quelle différence d’avec le temps du Sinaï ! Moïse était à la tête d’une grande foule, tout le peuple hébreu libéré de l’esclavage égyptien. Mais le peuple avait reçu l’interdiction de s’approcher de la montagne « sous peine de mort » Seul Moïse, avait pu monter vers Dieu sans être foudroyé. Maintenant, toute la foule suit Jésus. Il n’y a plus de distance, plus de menace, plus d’éclairs, ni de tonnerre terrifiants. Si Jésus s’inscrit bien dans l’histoire de son peuple, s’il est nourri par la Parole de Dieu consignée dans la première Alliance, il introduit aussi une rupture. C’est que Dieu dessine sur le visage de Jésus les traits définitifs de son propre visage. Saint Paul (dont nous allons fêter le bimillénaire de sa naissance le 28 juin à la demande du Pape Benoît XVI) dira « Jésus est l’Image du Dieu invisible » Sur le Sinaï tout n’était que « feu ardent, obscurité, ténèbres, ouragan… » Tellement, nous dit l’épître aux Hébreux que Moïse, lui-même dit « Je suis effrayé et tout tremblant » Il n’est plus question de cela avec Jésus: « Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste et de myriades d’anges, réunion de fête » C’est bien un nouveau visage de Dieu qui se révèle en Jésus.
Cela est confirmé par le premier mot du « discours » « Heureux… » répété neuf fois. Sans oublier bien sûr que Jésus a eu des « paroles dures » comme des menaces envers ceux qui ne l’écoutent pas. Mais prenons garde de ne pas en faire des articles d’un code pénal. Ce sont bien plutôt comme des gémissements de Jésus qui sait bien que nous avons besoin d’être réveillés de notre torpeur. A travers ces « paroles dures » il veut nous provoquer à prendre au sérieux tout à la fois l’amour que son Père veut nous donner et celui qu’il attend de nous. Ce n’est pas pour rire que Jésus nous a aimés ! On a peut-être trop insisté du moins, à certaines époques de l’histoire de l’Eglise (ce temps est-il vraiment fini ?) sur les menaces, la peur du châtiment. Revenons à ce petit mot « Heureux ! » Oui, l’Evangile est une Bonne, une Heureuse Nouvelle. Je souhaite en ce début de printemps que nous soyons toutes et tous des messagers d’un Dieu de la joie. Que « cette joie de croire » ne soit pas seulement la devise du premier archevêque de Lille Mgr Laurent Ulrich, mais la nôtre, aujourd’hui, celle de tous les habitants de l’archi diocèse, de la région apostolique Nord et pourquoi pas du monde entier. « Joie de croire, joie de vivre » comme le disait le Père Varillon, « la joie parfaite » de Françoise d’Assise, la « Voie de l’enfance » de Thérèse de Lisieux, la « pauvreté du cœur » etc… Heureux celui qui manque car il a en lui une attente, une aspiration, un désir, une place à remplir. Dieu lui-même vient le combler dès à présent, par les frères sur sa route, par Jésus qui se donne, mais un jour, dans l’épanouissement trinitaire.